Petites curiosités ayant trait à l'Italie

Bandeau

Les Etrusques

Origine.

              Parmi les peuples qui occupèrent la péninsule italienne, il y eut, entre autres, les Etrusques. Durant beaucoup d’années, les historiens ont discuté de leurs origines. Certains affirment qu’ils venaient du Nord, d’autres de la Mer Egée, d’autres d’une peuplade de l’âge de fer d’il y a trois mille ans, entrés en contact avec la civilisation grecque. Sans doute, ils venaient d’Orient, peut-être de l’Asie mineure.

              Ils constituèrent le premier grand peuple italique, c’est-à-dire qui appartient à l’Italie ancienne. La région des Etrusques (l’Etrurie) était comprise dans la zone située entre la Toscane et le Latium, et en partie dans l’Emilie et l’Ombrie. Perugia, Volterra, Chiusi, Roselle, Cerveteri, etc.…furent les villes principales de l’Etrurie.

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Economie.

              D’épaisses forêts fournissaient le bois pour les constructions et la flotte navale, et la nourriture. A l’orée des bois, de grands élevages de porcs permettaient la transformation de leurs viandes. En outre, les Etrusques furent célèbres pour l’élevage de chevaux de course.

            Les zones de plaine entre Arezzo et Veio fournissaient du blé et du lin. Les ingénieurs étrusques construisirent des aqueducs et asséchèrent les marais de façon à bonifier et irriguer les terrains. Dans les zones de collines, ils cultivèrent, mais sans succès, des céréales qui furent ensuite remplacées par des vignobles et des oliviers. Ces derniers fournirent d’excellents vins et huiles. Ils s’adonnèrent à la pêche dans les lacs d’origine volcaniques et sur la mer Tyrrhénienne où ils pêchaient surtout des thons.

              L’ile d’Elbe, appelée aussi « la Fumeuse » par les Grecs, fournissait le fer dont la transformation se produisait à Populonia

               Le promontoire de l’Argentario doit son nom aux mines d’argent mais il fournissait aussi du plomb et du fer.

Artisanat et commerce.

              Ces richesses stimulèrent une production artisanale de très haute qualité. Les Etrusques devinrent maitres potiers en concurrence avec les Grecs. Les tissus de lin des Etrusques étaient si robustes qu’ils constituaient l’uniforme de leur armée (tunique de lin sur laquelle était cousu un poitrail en bronze). Le lin servait aussi comme voile dans les chantiers navals où des charpentiers experts construisaient des bateaux de guerre. Les ateliers produisaient des armes, des objets d’usage commun de très grande valeur. Toutefois, le cuivre et l’étain devaient être importés de l’Espagne et d’Angleterre. Les Etrusques produisaient des objets et des statuettes en bronze, de grande classe.

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Société.

              Du VIII° au VII° siècle avant J.C., et entre le VII° et le VI° siècle avant J.C., la progression prodigieuse des Etrusques les porta à contrôler toute la mer Tyrrhénienne. Guerre et piraterie étaient les moyens pour bloquer les navires grecs et phéniciens. Mais les Etrusques ne furent jamais réunis en un seul et même état. La « Dodecapoli » était une confédération de douze villes qui, hélas, ne se fournissaient pas d’aide réciproque. La femme jouissait d’un grand prestige. Elle était présente à côté de son mari pendant les banquets, pendant les jeux, et avait de l’influence sur les décisions du conjoint. Les Romains jugèrent cela une véritable source de scandale.

Vie familiale.

              La matrone travaillait au métier à tisser, ce qui constituait son activité principale. Elle donnait des ordres à ses serviteurs pour le bon fonctionnement de la maison. La famille était composée d’un couple et de ses enfants, afin de ne pas disperser l’héritage familial. Autour d’eux gravitaient des serviteurs, des esclaves et des soldats. Les aristocrates donnaient des ordres aux paysans et commandaient des armes aux artisans expérimentés.

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Les « Villanoviani » n’inhumaient pas leurs morts, mais les incinéraient et mettaient leurs cendres dans des urnes, lesquelles étaient posées dans des cavités de tuf volcanique, chacune couverte d’une pierre. Les urnes étaient de terre cuite, décorées et peintes avec des dessins géométriques. Elles n’avaient qu’une seule anse, probablement car elles ne seraient jamais plus utilisées par la suite. Les « Villanoviani » mettaient les cendres de plusieurs défunts dans une même urne (mari et femme décédés de manière contemporaine ou non, ou bien une personne accompagnée dans la mort par des esclaves). En fait, ils pratiquaient des sacrifices humains avec ou un conjoint ou un serviteur qui pouvait suivre le maître dans l’au-delà. Ensuite, cette façon de faire changea. Dans beaucoup de tombes furent mis des œufs d’autruche décorés et des scarabées d’or égyptiens. Après le débarquement des Grecs en Italie, les « Villanoviani » devinrent les « Etrusques ». 

              Les Etrusques croyaient que la vie continuait après la mort. L’âme était transportée en bateau dans le monde des Morts par Caronte.

Le plaisir des belles choses.

              La nature alors n’était pas contaminée, elle était constituée de forêts et de prés, érigée de petites cabanes et de fours pour le travail du fer. Peu à peu apparurent de petites maisons rectangulaires. Les nobles se firent construire de grandes résidences multicolores avec des sculptures, même sur le toit. De très beaux temples, de grande dimension et très colorés, furent érigés. Des tombes furent creusées. Les riches se firent enterrer dans des tombes très riches qui démontraient le pouvoir de ces aristocrates.

              Le banquet renforçait les liens entre les clans principaux et montrait la richesse de celui qui invitait. La viande provenait des animaux sacrifiés dans des rites religieux. Elle consistait en rôtis de porc, d’agneaux et d’animaux sauvages. Avec la viande étaient servis des soupes de céréales, de légumes et des fruits de saison ou des fruits secs. On n’y buvait pas trop. La soupe servait aussi à ôter la soif. Les invités étaient allongés sur des lits triples. Sur chaque lit se trouvait un couple. La femme aussi participait au banquet, contrairement aux banquets des Grecs et des Romains.

              La musique produite par des flûtes et des instruments antiques à cordes égayait les repas. Durant ces banquets, on discutait affaires et on scellait les alliances. Le vin était dense comme le miel. On le mélangeait à l’eau. C’est le « simposiarca » (le sommelier) qui décidait la proportion entre le vin et l’eau, puis on y ajoutait des épices et du fromage râpé. Le vin était versé dans de grandes coupes que le maître de cérémonie faisait circuler après avoir décidé du tour à suivre. Puis tour après tour, on arrivait à un état d’ébriété. C’était très bien de posséder une grande coupe avec laquelle on pouvait aussi suivre un jeu qui consistait à lancer la coupe pour voir comment elle retombait.

 

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 Les canons de la beauté.

              La caractéristique principale était de prendre grand soin : soin du corps, soin des habits. Les riches étaient bien vêtus, les pauvres mal habillés et peu soigneux. La matrone possédait une vraie « beauty case » contenant pommades variées. Elle appliquait à son visage des masques à base d’orge, de lentilles et de bulbes de narcisses. La peau était préparée au préalable avec de l’huile d’olive dont l’excédent était retiré au moyen d’un strigile (étrille). Le rouge à lèvres était confectionné avec de l’algue marine ou du murier. Les paupières étaient maquillées avec un extrait de fleurs de crocus. Les cheveux étaient recueillis en longues tresses arrêtées par une bague. Souvent les cheveux étaient teints. Plusieurs types de teinture pour cheveux ont été retrouvés. A partir du VI° siècle avant JC, la matrone pouvait contrôler son maquillage à l’aide de miroirs en bronze lustré.

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              Le « Sarcophage des Epoux » a été exécuté il y a 2500 ans. Les visages des personnages ont des traits délicats et raffinés.

 

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Le déclin des Etrusques.

              La suprématie des Etrusques dura deux siècles, du VII° au VI° siècle avant J.C., période pendant laquelle ils ne connurent pas de rivaux. La région toscane prit à cette époque le nom de Tuscia. En 474 avant J.C., à Cuma, les Grecs de Syracuse vainquirent les Etrusques dans une bataille navale. D’autres défaites suivirent et le pouvoir des Etrusques déclina en faveur des Grecs et des Carthaginois. Dans le Latium, a l’embouchure du Tibre, une ville que les Etrusques avaient contribuée à rendre active et pleine de ressources, était en train de prendre un grand essor, …la future Rome.

Que nous racontent les Tombes étrusques ?

              Les habits des Etrusques sont désormais réduits en poussière, mais, d’après les peintures présentes dans les tombes, nous savons que les femmes étrusques s’habillaient avec de longues tuniques de laine, à carreaux ou à losanges. Pour rendre ces dernières plus précieuses, on appliquait des décorations en or. Au-dessus de la tunique, les dames endossaient un manteau qui pouvait couvrir même la tête. Des fermoirs et des broches en or fixaient les habits en donnant à l’ensemble une touche d’élégance. Un autre tissu était employé, le lin. Comme chaussures, les Etrusques utilisaient, soit des sandales avec des lacets en cuir et des semelles en bois, soit des petites bottes à pointe recourbée selon la mode orientale. Les hommes endossaient aussi la tunique et le manteau. L’unique vêtement masculin était le « perizoma » (sorte de pagne). Les romains s’inspirèrent des habits étrusques en utilisant la toge et la « tevenna » (manteau étrusque).

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 Enigme de la langue.

              Les Etrusques ne nous ont laissé ni annales, ni poèmes mais seulement des tables en bronze qui étaient presque des actes notariés. On trouve beaucoup d’exemples d’écriture à Vulci dans la « Tombe des Inscriptions ». Les Etrusques écrivaient de droite à gauche avec des caractères grecs, mais l’interprétation des textes n’est pas certaine.

              Trois lamelles en or, de 19 cm chacune, remontant à 500 avant J.C., ont permis la connaissance de l’alphabet étrusque. La prononciation n’est toutefois pas connue à ce jour.

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Villes étrusques.

              Tarquinia. Elle fut la capitale culturelle de l’Etrurie. Des probables 6000 tombes, seules 150 étaient peintes en couleurs vives avec des pigments naturels : le jaune avec l’ocre, le vert avec la malachite, le rouge avec l’oxyde de fer ou avec le cinabre. Des défunts, il ne reste physiquement rien. On comprend qu’ils étaient couchés sur une pierre et recouverts d’un drap. Les Etrusques n’étaient pas hauts de taille : 1,5 m pour les femmes, 1,6 m pour les hommes.

              Cerveteri. Anciennement Caere, La nécropole s’étendait sur 450 ha où il y a 70000 tombes. Caere était une véritable ville avec ses canalisations et ses résidences pour riches et d’autres pour des pauvres .Les tombes constituaient de véritables copropriétés dont l’entrée se trouvait sous la surface pour des raisons d’hygiène. La porte était fermée par de gros blocs. Les tombes étaient creusées dans le tuf, aggloméré de cendres et de lapilli volcaniques, tendre à sculpter. Les nécropoles avaient des routes creusées dans la pierre. Les tombes ont permis de connaitre beaucoup d’objets de la vie quotidienne : fourneaux, outils aratoires, ombrelles de cérémonies, monnaies, etc. Pendant le VII° et le VI° siècle avant J.C., les importations de céramiques s’accompagnaient d’une production locale grâce au « Bucchero » (vase typique) dont l’invention est attribuée aux artisans de Cerveteri. En 390 avant J.C., Caere a servi de refuge aux vases sacrés et aux Vestales au moment de l’invasion des Celtes en Italie. Les habitants de Caere avaient droit à la citoyenneté romaine, mais pas au droit de vote.

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Ex voto.

Parmi les découvertes les plus importantes sur les Etrusques, ce sont leurs surprenantes connaissances anatomiques qui dominent. Ils procédaient à des opérations chirurgicales délicates telles que la trépanation du crâne.

Aucune action ne pouvait être engagée sans avoir consulté le bon vouloir des Dieux, bon vouloir qui était interprété par les « Aruspici » dans les viscères encore chaudes des animaux sacrifiés aux Dieux. Chaque organe était un microcosme dans lequel se réfléchissait l’ordre de l’Univers. L’organe essentiel était le foie (comme le foie de Piacenza en bronze). Le bord du foie était divisé en seize cases qui correspondaient aux sièges célestes des seize divinités étrusques. La couleur foncée du foie était un indice néfaste. Un organe de grande dimension était un indice favorable.

 

Au musée du Louvre à Lens, ont été exposés dernièrement amphores, statuettes, peintures murales, sarcophages, tombes, vases, décorations de toits de maisons, bijoux qui constituent un patrimoine étrusque mis à disposition par le Musée de Cerveteri pour la joie des visiteurs. Les illustrations prises pendant l'exposition attestent ici de la beauté et de la finesse de l'art étrusque.

 

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